• La bulle d'Op+lait

Le MAP, une menace qui plane...

Maria Puerto-Parada, étudiante M.Sc., Gilles Fecteau, professeur titulaire (U.Montréal) et Hélène Poirier, agr. agente de transfert I Regroupement Op+lait


Imaginez que vous êtes un producteur de lait... Que votre troupeau vous semble en santé... Mais imaginez aussi qu'une menace plane sur votre ferme. Celle d'être infectée par le MAP, qui vous fait subir une perte financière souvent invisible!

Le MAP : Mycobacterium avium sous-espèce paratuberculosis, c'est l’agent causal de la paratuberculose.

Cette maladie entérique des ruminants, à caractère contagieux et chronique, est une maladie incurable et elle est possiblement associée à la maladie de Crohn chez les humains. Pour étudier cette maladie, il faut toujours avoir en tête son épidémiologie. D'abord, les animaux s'infectent très jeunes, dans les jours suivant la mise-bas et dans les premiers mois de vie. Cela se produit principalement par le contact avec des fèces qui contiennent le MAP. Mais, ce n’est qu’après des années qu’ils commencent à excréter l'agent pathogène sans pourtant présenter de signes cliniques de la maladie. Comme producteurs, on ne s'en rend même pas compte. Nos vaches paraissent en santé mais dans les faits, elles ont déjà commencé à propager le MAP partout dans la ferme. Les vaches peuvent demeurer dans cet état latent durant des années. Par la suite, la vache peut tomber malade. Je dis « peut » parce que moins de 5 % des vaches infectées démontrent des signes de maladie. Là, on prend la décision de la réformer! Mais il est trop tard... parce qu’elle contamine déjà le troupeau depuis des années!


La bataille contre le MAP se base principalement sur la prévention.

On se demande alors, est-ce que les conditions sur ma ferme favorisent la dissémination du MAP? Pour cela, dans le cadre de ma maîtrise, je me suis intéressée à l'évaluation des facteurs de risque les plus importants associés à un statut positif à MAP dans les troupeaux laitiers du Québec. J’ai choisi des troupeaux confirmés positifs et des troupeaux négatifs, car je voulais savoir s’ils avaient des situations différentes ou non. Alors, je les ai comparés. Comment? J’ai comparé les réponses données par les producteurs de l'étude suite à l'administration d'un questionnaire d’analyse de risque. Ce questionnaire incluait les caractéristiques du troupeau, comme : la taille, la race, le type de stabulation. Il y avait aussi des questions spécifiques à chaque section ou groupe d’âge de la ferme, notamment, à propos : de l’aire de vêlage, de la régie autour de l’élevage des veaux (au lait et sevrés), des taures, et des vaches adultes.


Mes principales conclusions?

Les résultats démontrent que les troupeaux plus grands ont plus de chances d’être positifs. Les troupeaux qui achètent plus de 4% des vaches ont 5 fois plus de chances d’être positifs que les troupeaux qui n’achètent pas de l'extérieur. L’environnement néonatal semble aussi être un point critique. D'où l'importance d'y consacrer beaucoup de soins et d'attention!


Note : Le contenu de cet article est tiré d’une prestation vulgarisée devant public lors du Concours Mon projet en 180 secondes du Rendez-vous scientifique annuel Op+Lait. Maria a remporté le 1er Prix.


L’équipe de recherche est composée de : Maria Puerto-Parada, Juan Carlos Arango-Sabogal, Julie Paré, Elizabeth Doré, Geneviève Côté, Vincent Wellemans, Sébastien Buczinski, Jean-Philippe Roy, Olivia Labrecque, Gilles Fecteau.


Ce projet a été soutenu financièrement par le « Programme de soutien à l’innovation agroalimentaire »


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